138
REGISTRES D
[i553]
"Faict au Bureau de lad. Ville, le xxvm0 jour de Mars mil vc lu f1*, d
service du Roy, pour le bien de lad. Ville et de toute la chose public.
CCXXXIII. — [Noisé meûe en temps de Karesme.]
Mars 1553W. (A Fol. 5o r°.)
En ce moys de Mars, l'iver de ceste presente année commença et a duré quasi jusques à la my May W, de sorte que le Karesme a esté fort à passer aux povres gens, à cause qu'il n'estoit gueres d'herbages, et si le poisson estoit bien cher. Neantmoings, le peuple de Paris ne feust oncques plus enclin à garder lesjeusnes de la Saincte Quarantaine et les comman­demens de l'Eglise, sinon les ambassadeurs d'Angle­terre qui estoient logez en la rue S1 Anthoine'4', les-
quelz furent reprins par aucuns qui se apperceurent quï mengeoient de la chair en Karesme : dont se meut une noise, et sortit l'ung des serviteurs dud. Ambassadeur qui tua celuy qui en avoit parlé; dont le Roy fut adverty; mais pour ce que personne n'en feist poursuitte, et que le Roy voulloit entretenir la paix avec lesd. Anglois, n'en fut faict aucune justice, mais fut delivré de prison led. Anglois qui y avoit esté mys'5'.
CCXXXIV. — Lettres escriptes de par la Ville à Monseigneur l'Admiral.
i" avril 1553. (B Fol. 126 r°)-I.
Monseigneur, "Nous avons receu la lettre qu'il vous a pleu nous envoyer du xxvc jour du moys passé. Il n'y a autre chose à vous advertir, si non que nous sommes tous les jours après les taxes pour la fortification de ceste ville. S'il survient quelque chose, nous ne fauldrons
à vous en advertir incontinent, encores que nous faisons toute diligence à lad. taxe, si c'est ce que ce ne sera pas si tost que le desirons.
«A Paris, le premier jour d'Apvril 1552, avant Pasques. -
CCXXXV. — [Pour la ferme des eschallatz.]
5 avril 1553. (B Fol. 126 v°.)
Du mercredi v° jour d'Apvril mil vc lui, après Pasques.
Aujourd'huy, au Bureau de la ville de Paris, envi­ron neuf heures du matin, où estoient Messieurs :
111e Guy Lormier, sire Bobert Des Prez, Thomas Le Lorrain et Jehan de Breda : Eschevins de lad. Ville;
A esté mis en deliberation si l'on debvoit fere crier et proclamer à son de trompe que les eschallatz qui sont en ceste ville et y viendront sy après en ceste ville, seront mis au rabaiz comme le bois de chauffage, suivant ce qui en fut mis en propos aud. Bureau, samedi dernier, par monsr me Christophe de Thou, Prevost des Marchans <7>.
O Le Registre B donne, immédiatement après cette pièce, les lettres de l'amiral de Coligny en date du 25 mars, qui sont trans­crites ci-dessus article CCXXX.
(2)   Nous insérons ce document sous le numéro d'ordre qui lui est assigné par sa teneur générale, bien qu'il ait été rédigé six se­maines au moins après les événements dont il y est fait mention. Du fond même de ce texte il convient de rapprocher celui de l'article ci-dessus CLXXX1.
(3)   Le mot may est écrit en surligne de juing qui a été barré.
O Probablement à l'hôtel des Tournelles, sur lequel voyez la note 4 de la page i42.
(-' Cette ambassade, sur l'objet de laquelle les Registres ne donnent aucun autre détail, avait sans doute été députée à l'occasion du prochain mariage de Guilford Dudley, quatrième fils du comte de Warwick et duc de Northumberland, avec l'infortunée Jane Grey, petite-fille de Maric d'Angleterre, la sœur de Henri VIII, qui avait été reine de France par son mariage avec Louis XII (i5i4); voir notre Volume I aux pages an et suiv. — La -noisen sanglante dont le Registre fait mention en termes si réservés, avait été occasionnée par l'usage que les Anglais avaient fait de viande en temps de Carême; sur quoi Sauvai remarque judicieusement que les envoyés de la reine Marie Tudor avaient été abondamment défrayés par la Ville en "épices, lamproies, brochets, carpes et excellent vin. . . De savoir pourquoi on ne leur envoya point de viandes, c'est que c'étoit en Carême qui alors étoit observé en Angleterre, depuis que la Reine avoit rétabli la religion catholique» (Antiquités de Paris, t. II, p. 93).
(5) Dans Ie Registre, ces lettres suivent immédiatement celles de l'Amiral, datées du 25 mars et rapportées à l'article ci-dessus CCXXX.
O Les Registres n'ont pas gardé trace de cette motion qui aurait été agitée dans la séance du Bureau du 1" avril. Cette motion consista sans doute en un rappel de l'Ordonnance, promulguée le 20 mars précédent, sur le bois de chauffage: article ci-dessus CCXX.